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Un seul héros, notre public PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Chronique
Écrit par Mustapha Hammouche - KAYENA   
Mercredi, 18 Novembre 2009 22:52
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Le match est terminé sur une belle victoire. Il aura fait beaucoup de dégâts. Et pas dans le chauvinisme égyptien.  Les dégâts sont aussi politiques. À beaucoup d’Algériens, on ne pourra raconter de sitôt la fable de la “fraternité arabe”.
Tout au long de cette aventure, les deux pouvoirs algérien et égyptien, dénués de légitimité, ont rivalisé de génie manipulateur pour exploiter l’opportunité “sportive”. Il faut admettre que, sur ce registre, le système Moubarak a été plus audacieux que le système Bouteflika, puisqu’il a été jusqu’à organiser un guet-apens sanglant contre les Algériens, officiels et supporters, pour imposer la victoire de son équipe. La bataille tournant à l’affrontement d’État, l’Algérie a reculé. Seuls les semi-officiels, victimes directes de l’accueil “musclé”, comme Raouraoua, le président de la FAF, ont refusé la réconciliation que les Égyptiens suggéraient après le fait accompli. Mais trop tard pour contenir la colère d’une population révoltée par l’embuscade traître du Caire : partout des jeunes se sont attaqués, avec violence, à tout ce qui représentait l’agresseur égyptien. Le silence des autorités nationales, probablement motivé par le souci de ménager leurs homologues égyptiennes, n’a pas aidé à calmer les esprits. Le pouvoir s’est surpassé dans sa disponibilité à aider les tifosi algériens à repartir au plus tôt à Khartoum ; cela fera des milliers de manifestants en moins et, si possible, fera oublier, au plus vite, l’agression égyptienne et la paralysie diplomatique nationale qui s’ensuivit.

Sauver la “fraternité arabe”, dont des Algériens ont éprouvé l’inanité à leur corps défendant, n’a pas été la préoccupation des seuls responsables politiques. Après le cinéaste Ahmed Rachedi, qui fait un témoignage inédit sur le sang égyptien versé pour l’indépendance de l’Algérie, c’est au tour d’un groupe d’“intellectuels” du Ceneap de diffuser un projet de pétition pour dénoncer le “chauvinisme” des… Algériens ! Ils y dénoncent “des pratiques politiques et d’information irresponsables” et nous indiquent, péremptoires, “notre seul ennemi : le projet sioniste”. Justement, cela ne semble pas être l’avis des Égyptiens, mesdames et messieurs les intellectuels. L’ennemi intime des Algériens, c’est d’abord la dictature et l’intégrisme. Et depuis des décennies que l’autorité étouffe la nation et que l’islamisme l’ensanglante, nous n’avons pas encore lu vos pétitions à ce sujet. Le sionisme, c’est loin, on peut le défier ; le front de l’intégrisme est dans le quartier, c’est plus risqué. Et puis c’est des “frères” qui nous terrorisent !
À moins qu’il ne s’agisse de ménager des partenaires de l’université du Caire, comme Zayed Ahmed Rachedi qui, en 1974, a déjà tourné un court métrage en hommage aux “héros d’Égypte”, présida le festival d’Ismaïlia en 2004 et qui attend, dit-on, la confirmation de la commande égyptienne pour le tournage d’El-Oubour (la traversée… du canal de Suez en 1973, dont on connaît la fin).

La fraternité arabe, si elle n’est pas payante pour la société, l’est parfois pour “la société civile”. S’il y a un hommage à rendre, c’est au public de l’équipe algérienne. Dans les vicissitudes politico-économiques qu’on nous impose, ce fut vérifié : c’est la seule valeur sûre

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