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Le débat sur l’identité de la France et nous PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Chronique
Écrit par Mustapha Hammouche - KAYENA   
Dimanche, 13 Décembre 2009 20:32
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Le débat français sur l’identité nous concerne-t-il ? A priori, non, puisque la France a pris son “indépendance” par rapport à nous en 1962. Non aussi, parce que nous n’avons pas épuisé le débat sur notre propre identité, débat qu’on nous refuse depuis un peu moins d’un siècle ! C’est dire la chance des Français : c’est leur pouvoir qui leur soumet la question. Même si le cadeau n’est pas dénué d’arrière-pensées politiciennes.
À mesure que s’enclenche un débat qui peine à s’identifier et à s’amorcer, la question finale se précise : la place de l’immigration, plus particulièrement du Maghreb et plus singulièrement celle issue d’Algérie. C’est cette tournure que prend “le débat sur l’identité nationale française”, prévisible au vu du contexte, qui, en théorie, devrait nous interpeller, voire nous engager dans une controverse pourtant franco-française.
Fin 2009, la France se réveille du pied droit et découvre que, sur son territoire, dans des zones géo-urbaines précises, des communautés d’extraction maghrébine à majorité algérienne qui, malgré leur statut de droit français, ont une perception particulière de leur rapport à leur patrie de naissance. Ils expriment des messages qui dénotent des survivances du contentieux colonial.

Qu’est-ce qui fait que la France soit le seul pays du “Vieux continent” à se croire souffrir d’une confusion identitaire au point de s’en poser institutionnellement la question ? L’obligation d’assumer les répercussions socioculturelles de l’expérience coloniale, sûrement. Mais pas seulement : la Grande-Bretagne ne connaît pas la même angoisse, malgré ce que fut l’immensité de l’ancien empire de la couronne.
Sans revenir sur les différences d’approches coloniales et de gestion des indépendances de colonies, disons que la France a abusé de la main-d’œuvre immigrée. Au temps des “cités ouvrières”, puis des “foyers”, la vie “séparée” des immigrés n’attentait pas à l’identité de la France. Mais, voilà, un émigré ça fait des petits. Des petits qui investissent les espaces sociaux que leurs parents, au circuit balisé, ne foulaient pas jadis. Ils y imposent leurs différences et leurs messages. Des descendants d’indigènes, promis à l’intégration, demandent la citoyenneté totale, sans renoncer à rien de leur patrimoine mémorial. Eh oui ! Des centaines de milliers de jeunes Français ressentent encore l’épreuve coloniale par leurs racines enfouies sur plusieurs
générations. La France croyait rentrer chez elle et tourner la page coloniale et, avec, en prime, une armée de main-d’œuvre à bon marché pour soutenir l’enthousiasme bâtisseur des “trente glorieuses” !
C’est une loi de la phylogénèse : l’ultérieur change la nature de l’antérieur. C’est l’omission de ce principe qui est à l’origine de ce débat : Sarkozy n’admet pas que le France ne sera plus celle de son enfance. Elle ne peut pas assumer, de son histoire, ce qui convient aux nostalgiques d’une France libérée chez elle et occupante ailleurs.

Quand le ghetto servait de base arrière à l’islamisme, nous étions accablés de ne pas assumer l’expression d’un aspect de notre culture. Aujourd’hui, la France fait face à sa réalité post-coloniale.
Nous sommes bien plus empêtrés avec la nôtre, de notre côté, pour nous ingérer dans un débat déterminant pour notre ancienne métropole.

LIBERTÉ
 

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