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Blé : de la difficulté de gérer une bonne récolte PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Chronique
Écrit par Mustapha Hammouche - KAYENA   
Dimanche, 21 Mars 2010 00:00
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Alerte à la crise de surproduction ! Quelque six millions de quintaux de blé dur et peut-être d’orge de trop, récoltés par la céréaliculture nationale, sont en train de mettre la tutelle de l’agriculture et la filière agroalimentaire dans tous leurs états.

Le ministère s’émeut et l’office chargé du stockage et de la régulation des grains s’alarme. Des lettres de réquisition parviennent aux meuniers et industriels de la farine et de la pâte. Des ultimatums sont adressés aux transformateurs de céréales pour qu’ils commandent le surplus et en prennent livraison avant l’été.
On pense même à réactiver le Comité interprofessionnel des céréales, jusqu’ici dormant, comme la plupart des structures de veille : commission nationale de l’énergie, observatoire de la corruption, etc.

Les industriels ne semblent pas très enthousiasmés par la proposition qu’ils n’osent tout de même pas refuser. On ne peut pas tourner “le dos à la production nationale”, dixit Hamiani. C’est très mal vu en ce temps de patriotisme économique. Mais l’OAIC, peut-être efficace dans la fonction de transitaire céréalier, n’assure pas, en ce qui concerne la production locale, la qualité revendiquée par les transformateurs. C’est, pour ces derniers, le moment de brandir les griefs concernant les limitations en approvisionnement et l’interdiction à l’exportation des produits fabriqués à base de céréales.

L’État a préféré interdire à l’exportation les produits de filières subventionnées au lieu de se contraindre à imaginer le moyen de récupérer sa mise sur les quantités exportées.
Qu’est-ce qui a pris les fellahs à semer et à récolter autant de grains, alors qu’ils ont oublié les méthodes ancestrales de stockage, qu’ils ne prévoient plus de greniers dans leurs constructions, que les meuniers artisanaux ont disparu de nos campagnes ?
Depuis la nationalisation, symbolique, du Moulin de Monsieur Fabre, l’État s’est occupé de notre pain, de la semence à la panification. Le blé était importé, soutenu, stocké, distribué par le réseau national de la Sempac. Elle avait même commencé à construire des boulangeries industrielles. Le paysan est devenu inutile, sa terre, son four traditionnel ainsi que son grenier d’argile ou de paille aussi. Un État tout entier formaté pour gérer la pénurie peut être ébranlé par la survenance d’un excédent de production “conjoncturel”, comme l’a précisément qualifié le ministre de l’Agriculture.

Jusqu’ici, nous avions juste besoin d’assurer un haut niveau de débit des puits de pétrole. Pour se faire du blé et pouvoir ainsi affronter tous les déficits prévisibles par ailleurs.
La pénurie semble, en effet, poser moins de problème à la gestion publique. Soit on lance un plan anti-pénurie, soit on accable l’exportation, comme vient de le faire le ministre de la Pêche à propos du manque de poissons, ou la contrebande, comme on le fait toujours au sujet du déficit de viande ovine.
Et si la question tourne au bras de fer OAIC-transformateurs et que le problème d’encombrement des silos n’est toujours pas réglé, Barkat trouve une opportunité pédagogique dans cette “alerte”. On va enfin commencer à apprendre à gérer une année de bonne récolte.
Et peut-être apprendrons-nous, dans la foulée, à cultiver des objectifs de production.

LIBERTÉ
 

Commentaires  

 
0 #1 profile 01-11-2018 04:03
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