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Disparition de Zoulikha Boumaza : PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Djamel Belkadi - KAYENA   
Samedi, 13 Février 2010 02:43
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Deuil sur la Médina

Zoulikha-BoumazaL’annonce de son décès, dimanche dernier à Paris, suite à une longue et douloureuse maladie a suscité émoi et consternation.

Zoulikha Boumaza est partie laissant derrière elle un chagrin infini et sa perte reste incommensurable tant son immense personnalité, sa générosité, son dévouement envers ses étudiants (des générations d’architectes), et sa grande humilité, ont rayonné pour répandre autour d’elle les étincelles du savoir. L’annonce de son décès, dimanche dernier à Paris, suite à une longue et douloureuse maladie, a suscité une grande consternation, aussi bien au département d’architecture et d’urbanisme de Constantine, qu’à Sétif, où elle avait enseigné, et à Annaba où elle avait également enseigné et où elle a été enterré jeudi passé en présence d’une grande foule.

Outre sa famille, de nombreux élèves et des enseignants du DAU de Constantine, ainsi que ses amis, venus d’un peu partout, ont tenu à rendre un dernier hommage à cette grande dame. Le parcours de Zou, comme aimaient à l’appeler ceux qui la connaissaient, est marqué par un exploit qui ira inscrire à jamais son nom dans la postérité, car selon Badia Sahraoui, « elle est la première femme en Algérie à être élevée au rang de professeur d’université au département d’architecture et d’urbanisme de Constantine ». Elle ne cessera, durant sa carrière, de former, d’encadrer et de dispenser avec abnégation un savoir, tout le temps réactualisé. En parallèle, elle continuait à se distinguer par des études, car elle avait obtenu un magistère, puis un doctorat en urbanisme et encore un autre en sociologie, décroché à l’université de Paris VII.

La qualité et l’ampleur de ses contributions à des sujets importants, lors de colloques et séminaires, mais encore, à de grandes revues telles Insanyates (Crasc), Les Cahiers du centre de recherches historiques et CNRS (France)… finissent par dévoiler une personnalité incontournable par ses connaissances, la rigueur scientifique de ses travaux, ses recherches et ses analyses critiques. Membre chercheur au Crasc (Oran), elle avait notamment présenté une analyse sur les monuments dans la pensée des islamistes, les mosquées en particulier. L’on retiendra son attachement pour la médina de Constantine et le travail aussi prodigieux que pertinent qu’elle lui avait consacré, tout en plaidant ardemment pour une réhabilitation qui y associe les habitants, insistant sur une autre manière de penser le patrimoine et la réappropriation sociale des espaces dans la médina.

Elle fut contrainte par la maladie, en 2004, d’abandonner la graduation et l’encadrement des étudiants, ce qui l’avait peinée, mais sans la décourager pour autant qu’il lui était encore possible de prodiguer des conseils. A l’Aïd El Adha dernier, avant de repartir en France pour y subir des soins, elle avait confié, les yeux pleins de larmes, à la dernière élève qu’elle avait encadrée, en présence de sa collègue et amie, Badia Sahraoui, ces paroles prémonitoires : « Je ne reviendrai pas. » Elle est partie aujourd’hui, et ce qui nous reste d’elle est son œuvre éminente, son grand cœur et l’histoire de son parcours exemplaire, qui la ressusciteront en nous, car nous avons été l’objet infini de sa quête.

EL WATAN
 

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