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Mohamed Amari. Leader du groupe Polyphène PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Entretien
Écrit par Nacima Chabani   
Samedi, 18 Janvier 2014 21:31
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«La scène artistique nationale s’améliore»

Mohamed Amari. Leader du groupe Polyphène
«La scène artistique nationale s’améliore»Après plus de 19 ans d’absence de la scène artistique algérienne, le groupe Polyphène vient tout juste de sortir un best of aux éditions Izzem. Rencontre avec le leader du groupe, Mohamed Amari, lors de la présentation de l’album à l’hôtel El Djazaïr, à Alger.

- Est-ce le grand retour du groupe mythique Polyphène sur la scène artistique algérienne ?

 

En toute sincérité, je ne dirais pas le grand retour. Cependant, je parlerais de retour à partir du moment où j’aurais les assurances que les gens m’ont adopté. Le but essentiel, pour moi, c’est d’offrir un cadeau à mes fans que j’ai abandonnés depuis plus de 19 ans. La sortie de ce best of est un souhait que je voulais réaliser depuis fort longtemps.

- Comment expliquez-vous cette longue absence ?

Il est vrai que le groupe Polyphène n’a plus produit d’album depuis 1991 avec la célèbre chanson Mouhal Nensek Nenesi ya Omri. A l’avènement de la décennie noire, j’ai dû quitter l’Algérie en décembre 1993. J’étais fils unique, mes parents avaient peur pour ma sécurité. Je n’avais pas le moral, car je n’avais pas admis à l’époque mon exil en France. Je ne vous cacherai pas qu’à un certain moment je me suis dit qu’il fallait que j’arrête ma carrière. L’exil n’est pas facile pour quiconque. Il faut dire aussi que j’avais des responsabilités à assumer en France. Par ailleurs, je tiens à signaler que j’ai eu des propositions, mais seulement les conditions de travail m’ont déplu. Enregistrer un album de six à sept titres est impensable pour moi. Ceci étant, j’avais promis depuis six ans d’offrir à mes fans un best of. Cela est tombé à l’eau à chaque fois à cause des problèmes financiers.

- Concrètement, comment est né ce best of 2014 ?

J’ai rencontré le producteur et manager, Nadir Guendouli, l’année derniére à Tizi Ouzou, alors que j’étais avec mon ami et musicien Mahfoud. Nadir m’a sollicité justement pour la sortie d’un album. Je lui ai proposé d’inclure dans ce nouvel album quatre nouvelles chansons, plus d’anciens titres. En sa qualité de professionnel, Nadir m’a tout de suite suggéré de laisser de côté les nouveaux titres et de mettre en avant-plan certains de mes anciens titres. C’est ainsi que j’ai sélectionné douze chansons sur les vingt-quatre que je détiens. Nous avons offert ainsi, à travers ce best of, d’anciens titres mais avec de nouvelles versions. De nouveaux instruments acoustiques ont été introduits, à l’image du violon et du cuivre. Nous avons mis deux mois et demi pour réaliser ce best of. Nous avons travaillé avec vingt musiciens et vingt choristes. J’ai confiance en la nouvelle génération. Preuve en est avec l’arrangeur Zino, qui avait deux ans quand est sorti le titre Maghboun Alliha. Il s’est occupé des arrangements d’une façon très professionnelle. Ce best of est un produit entièrement made in Algeria.

- Y a-t-il d’autres textes nouveaux en préparation ?

Mais bien sûr qu’il existe de nouveaux textes. Pour l’instant, je dirais place à la promotion de ce best of. Je suis exigeant. Je ne suis pas du genre à réaliser un album en deux ou trois jours. Je préfère peaufiner mes albums. Je suis plutôt partisan de réaliser un album tous les deux ans. Ceci étant, je me dois de gratifier mon public d’un nouvel album.

- Justement, quelle sera la spécificité de votre prochain album ?

La nouveauté de mon prochain album sera basée sur la variété algérienne dont, entre autres, le malouf, le chaâbi et le kabyle. Il ne faut pas oublier que je suis un enfant du châabi. J’ai été ‘‘drabki’’ à l’âge de neuf ans, sous la houlette de mon cheik hadj Mahfoud. Pour ceux qui me connaissent, à mes débuts j’étais un chanteur de variété. Mon prochain album sera basé sur des mélodies kabyles, avec des textes arabes et kabyles. Par ailleurs, je pense réaliser également un clip où je retracerai le parcours d’un enfant de deux ans qui remettra à son père un Cd du groupe Polyphène.

- La sortie de votre best of sera-t-elle suivie d’une tournée nationale ?

Pour le moment, il n’est pas question de tournée nationale. L’album sortira comme convenu. Je remonte en France. Après, c’est au premier responsable des éditions Izzem et au producteur et manager Nadir Guendouli de s’occuper de cette tâche.

- Quel regard portez-vous sur la nouvelle vague d’artistes algériens ?

Je pense que beaucoup de chanteurs ont émergé sur la scène nationale. Il existe beaucoup de chanteurs de raï qui détiennent un nom magnifique. Le raï est au top. Il existe également des orchestres formidables faisant dans la recherche. Beaucoup d’artistes et d’orchestres prennent le temps de travailler avec de bons musiciens. Je demeure convaincu que la scène artistique nationale s’améliorera d’année en année.
        
EL WATAN 

 

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