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Cinquantenaire de la mort d’Albert Camus PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Evocation
Écrit par Sarah Haidar - KAYENA   
Mardi, 05 Janvier 2010 00:00
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Le fervent défenseur de l’humain


Cinquantenaire de la mort d’Albert CamusLe monde célébrait, hier, le cinquantième anniversaire de la mort d’Albert Camus (1913-1960). Marquant le début de cette année 2010, cet événement revêt une importance capitale et une forte symbolique pour ce qui est de la sauvegarde du patrimoine et de la pensée camusiens.

Camus l’écrivain, le dramaturge, l’humaniste, le libre penseur, le journaliste et l’ami des causes justes est incontestablement l’une des figures les plus marquantes de la littérature universelle. Son œuvre, véritable mine de questionnements philosophiques et moraux, ne cessera probablement jamais de susciter l’intérêt des chercheurs, des commentateurs et du simple lecteur.
Cet engouement, cette perpétuelle curiosité envers l’univers camusien s’expliquent à bien des égards par la richesse, la complexité et la multiplicité de sa pensée. Au-delà des considérations politiques qui embrouillent souvent l’approche esthétique et morale que l’on doit avoir de lui, il est certain qu’Albert Camus est un humaniste d’une intégrité sidérante et un libre penseur qui n’a à aucun moment trahi ses idéaux.

A ce propos, malgré sa position ambiguë à l’égard de la guerre de libération de l’Algérie, l’auteur de l’Homme révolté n’a eu cesse de dénoncer les abus du système colonial et les innommables outrages perpétrés à l’encontre du peuple algérien.
En témoigne son fameux reportage, publié dans Alger Républicain, sur la misère en Kabylie qui fut un véritable pamphlet contre l’injustice et la cruauté des hordes coloniales qui affament et avilissent tout un peuple.
De là, on constate aisément que même si Camus était pour une Algérie française, il n’en demeurait pas moins attaché à l’égalité des droits et à la restitution de son identité et de sa dignité au peuple algérien. On regrettera néanmoins que cette «non-assistance» à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie ait causé sa rupture irrémédiable avec Jean Paul Sartre.

Par ailleurs, Albert Camus, récompensé en 1957 par le prix Nobel de littérature, est l’auteur d’ouvrages remarquables parmi lesquels on peut dénombrer, sans hésiter, deux ou trois chefs-d’œuvres. L’Etranger est l’un de ces livres qui ont, en effet, marqué la littérature universelle. Publié en 1942, il fait partie du fameux «cycle de l’absurde» composé de l’essai le Mythe de Sisyphe et des deux pièces de théâtre Caligula et le Malentendu. On y trouve un formidable exposé de la pensée camusienne, partisan de l’homme absurde : un individu conscient du non-sens du monde, mais qui, paradoxalement, ne cesse de lui lancer des appels en détresse restés sans réponse. «L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde», nous affirmait Camus.

L’Etranger est de ce fait un prolongement romancé du Mythe de Sisyphe, l’essai phare de l’auteur où il démontre comment «l’homme absurde» doit continuellement faire face à son propre nihilisme, ne jamais céder à l’idée libératrice du suicide, arpenter la vie comme un Sisyphe voué à traîner éternellement son rocher, ce même Sisyphe que Camus nous suggère d’»imaginer heureux» !
N’oublions pas également la Peste, le Premier homme, ce roman inachevé que l’on ne se résoudra jamais à refermer, ou encore la Chute. Il y a évidemment beaucoup à dire sur l’œuvre, la vie et la philosophie d’Albert Camus.

Esprit libre et profondément attaché à «l’humain» qu’il met au-dessus de toute croyance, il demeure jusqu’à aujourd’hui l’une des plus hautes figures morales du XXe siècle. Son héritage appartient à celui qu’il s’est évertué, tout au long de sa courte vie, à défendre : l’homme.

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