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Il y a 18 ans était assassiné Mohamed Boudiaf PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Evocation
Écrit par M. B.   
Mardi, 29 Juin 2010 11:42
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Un grand leader rattrapé par sa légende…

MOHAMED BOUDIAF, UN GRAND LEADER Il y a dix-huit ans, jour pour jour, le 29 juin 1992, était assassiné le président Mohamed Boudiaf, en direct à la télévision, alors qu’il donnait une conférence à la Maison de la culture de Annaba.


Si Tayeb El Watani rentrait au pays six mois auparavant pour prendre les rênes d’une Algérie en pagaille, un peu comme il l’avait laissée vingt-huit ans avant. Il foulait le sol de sa chère patrie après trois décennies d’exil forcé. C’était le 16 janvier 1992. On venait de l’extirper de sa paisible retraite marocaine pour le rappeler à ses devoirs de leader en lui jetant un pays dans les bras. Il trouva Alger terriblement agitée, en proie à une grande confusion.

Une semaine auparavant, le 11 janvier, le président Chadli Bendjedid « était démissionné » pour faire barrage au second tour des élections législatives, largement remportées par le FIS. L’arrêt du processus électoral était décidé et une présidence collégiale, le Haut-Comité d’Etat, avait été créée au pied levé pour pallier la vacance de l’institution présidentielle. Mohamed Boudiaf devint ainsi le premier président du HCE. Dire que 28 ans auparavant, il avait quitté le pays dans l’angoisse et la précipitation. Il venait de passer trois mois dans le Sud, où il était détenu pour avoir dénoncé l’autocratie de Ben Bella. Ainsi était sa vie : une succession de péripéties plus orageuses les unes que les autres.

Mohamed Boudiaf voit le jour le 23 juin 1919 à Ouled Madi, dans la wilaya de M’sila. Il adhère très vite au PPA et devient l’un des membres fondateurs de l’l’Organisation spéciale (OS). En 1954, il est parmi les neuf historiques qui fondent le CRUA (et, par ricochet, le FLN) et est en tête du Groupe des 22 qui décide le déclenchement de la lutte armée. Le 22 octobre 1956, Si Tayeb El Watani est arrêté en même temps que Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella et Mohamed Khider, suite au détournement de l’avion qui les emmenait de Rabat à Tunis. Il ne sera libéré qu’à la veille des Accords d’Evian, le 18 mars 1962. Après l’Indépendance et les cruelles désillusions suscitées par les luttes de pouvoir, Boudiaf entre dans l’opposition et crée le PRS : le Parti de la révolution socialiste. En juin 1963, il est arrêté et embastillé. En 1964, il s’exile au Maroc, précisément à Kénitra où il acquiert une petite briqueterie. Son retour au pays dans le costume du « sauveur » sera vécu, quoi qu’on en dise, comme un moment lumineux autorisant tous les espoirs.
Un crime d’État toujours impuni

L’assassinat de Boudiaf a évidemment fait couler beaucoup d’encre. Si l’auteur matériel du crime a été formellement identifié comme étant le sous-lieutenant du GIS, Lembarek Boumaârafi, les commanditaires de son assassinat sont loin d’être confondus. Même la commission Bouchaïb n’a pas su trancher dans le vif, partagée qu’elle était entre la thèse de l’acte isolé avancée par le pouvoir, et celle du complot. Lembarek Boumaârafi, rappelle-t-on, a été condamné à mort le 3 juin 1995. Un verdict qui a peu convaincu une opinion publique profondément scandalisée qui voit dans l’assassinat de Boudiaf l’archétype même du crime d’Etat, dans la lignée des assassinats politiques les plus tonitruants, dont ceux de Abane Ramdane, Krim Belkacem et Mohamed Khider, ses compagnons d’armes.
Naïves espérances

Les partisans de la théorie du complot identifient au moins deux principaux mobiles qui auraient motivé la liquidation de Boudiaf : sa détermination à lutter contre « la mafia politico-financière » qu’il pourfendait sans ménagement. L’extrême rectitude morale du chahid Mohamed Boudiaf, son honnêteté, son intégrité, son franc-parler, son humilité, sa simplicité qui donnaient souvent du fil à retordre aux services du protocole du palais d’El Mouradia, ont fait oublier aux Algériens les vicissitudes tumultueuses de son arrivée très controversée au pouvoir. Le peuple ne gardait que les naïves espérances qu’il drainait dans son sillage. Tel aura été le destin d’un homme, certes surgi du passé, mais qui semblait fait pour le futur. Sa mort injuste restera gravée dans la mémoire collective comme le martyre d’un maquisard dans l’âme brutalement rattrapé par sa légende…

EL WATAN
 

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