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Procès pour faux en écriture au tribunal de bir-mourad-raïs PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Nouvelles
Écrit par NEÏLA B.   
Lundi, 13 Décembre 2010 02:44
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Il avait les papiers des fils de Ouyahia et de Zerhouni

-L’accusé principal a reconnu devant le président du tribunal avoir falsifié un chèque et qu’il a pu ainsi obtenir 32 télévisions LCD Plasma au prix de 360 millions de centimes avant de les  revendre au rabais.

Le représentant du ministère public près le tribunal de Bir-Mourad-Raïs a requis, hier, une peine de 5 ans de prison ferme et une amende de 100 millions de centimes à l’encontre du nommé B. A. H., âgé de 26 ans et employé à Ford, pour faux et usage de faux, escroquerie et usurpation d’identité. Les policiers avaient saisi sur lui deux cartes d’identité et des cartes de visite aux noms de Amine Ouyahia et Amine Zerhouni, soient les noms et prénoms des fils du Premier ministre Ahmed Ouyahia et du vice-Premier ministre, Yazid Zerhouni. Le procureur a requis également  2 ans de prison ferme à l’encontre de neuf de ses complices dont le contrôleur financier de Sony et le représentant de LG en Algérie pour avoir caché des objets provenant de détournement et de complicité.

Sony s’est constituée partie civile et a demandé des dommages et intérêts de 150 millions de centimes. L’accusé, un technicien supérieur, a été arrêté par les éléments de la Police judiciaire de la SD de Chéraga suite à une plainte déposée contre X par le représentant de la société Sonafy Aventis, sise à Hydra. Au moment de son arrestation, il était en possession d’une valise d’affaires qui contenait une carte d’identité au nom de Amine Ouyahia ainsi que des cartes de visite portant ce nom en langue française, mentionnant qu’il est chargé de la commercialisation à Aventis et de 7 chèques photocopiés de la BEA et une photocopie d’un registre du commerce au nom de Aventis.

L’accusé principal a reconnu devant le président du tribunal avoir falsifié un chèque qu’il a déposé au niveau de la société Sony ainsi qu’un bon de commande et une facture proforma, avouant qu’il a pu ainsi obtenir 32 télévisions LCD Plasma au prix de 360 millions de centimes qu’il a payés avec un chèque falsifié, avant de  revendre la marchandise à 181 millions seulement donc au rabais.

Selon ses déclarations, il a entreposé les téléviseurs dans un dépôt appartenant à son voisin, H. W., un étudiant. Ce dernier, poursuivi pour avoir caché des objets de provenance douteuse,  a affirmé au magistrat que l’accusé principal était son “ami d’enfance et voisin”. “C’est comme un frère, mon père lui a demandé les factures de la marchandise et, effectivement, il nous les a présentées”, précise-t-il. Sa défense confirme que les factures sont authentiques.

De son côté, O. M. S., le responsable des ventes à la société GH multimédias, représentant de Sony, accusé lui aussi dans cette affaire, avait déclaré aux enquêteurs qu’une personne, en l’occurrence l’accusé B. A. H., s’était présentée au service commercial au nom de Amine Zerhouni, muni d’une carte de visite en tant que directeur commercial de AL MAD FARM Algérie.  Hier, à l’audience, il a déclaré avoir remis le chèque encaissé de 3 998 400,00 DA à la BEA. “On ne pouvait pas savoir qu’il a été falsifié et ce n’est qu’après 11 jours qu’on a reçu une note de la banque qui nous a fait savoir que la clé était erronée et que le chèque était falsifié.”
Il ajoute qu’il a été informé par F. A., responsable de la comptabilité à LG, qui n’est autre que son ami et voisin, que des téléviseurs de marque Sony se vendent sur le marché parallèle à des prix très bas. “Alors, j’ai informé ma directrice commerciale qui m’a demandé de racheter la marchandise pour la stabilité du marché.”
Un contact a été établi par des intermédiaires dont le beau-frère du principal accusé qui accepta de vendre les téléviseurs à Sony ! La transaction a été faite au niveau de la forêt Bois-des-Cars, à Dély-Ibrahim. Ce qui a inspiré une remarque ironique du juge : “On fait du business en plein forêt ?”, interroge-t-il. Au magistrat  qui voulait savoir si le principal accusé était présent sur les lieux, F. A., répondit : “Je ne l’ai pas vu, j’étais dans la Picanto alors que la marchandise était dans un fourgon Master et il y avait aussi une Audi noire. On m’a dit que c’était celle du “chef”, enfin l’importateur.” L’accusé principal reconnaît les faits qui lui sont reprochés, hormis l’usurpation de l’identité. “J’ai trouvé les cartes à la plage et je les ai gardées. Je ne m’en suis jamais servi”, dit-il au juge.

Dans sa plaidoirie, son avocat, Me Khiar Tahar,  n’a pas manqué de “piéger” les autres accusés qui affirmaient n’avoir aucun lien avec cette affaire en les interrogeant sur la contrepartie de leur service. B. M., le chauffeur chargé du transport public ainsi que H. W., le propriétaire du dépôt, ont reconnu avoir reçu de l’accusé un téléviseur Plasma chacun. Le magistrat fait remarquer au transporteur de la marchandise : “Tu as reçu  une télévision qui coûte 13 millions pour le trajet Blida-Dély-Ibrahim !” Et Me Khiyar d’affirmer que son client n’est pas le seul responsable dans cette affaire. “Tout le monde dans son entourage et son quartier sait qu’il travaille à Ford dans le domaine des voitures et non dans l’électroménager. Il n’a pas agi seul, mais je n’accuse personne. Mon client a été manipulé par des personnes et il voulait gagner de l’argent parce qu’il voulait se marier.”

Revenant sur le faux et usage de faux, il confirme que les 3 chèques ont été falsifiés mais il fallait, selon lui, designer une expertise. “Il y a dans le dossier des documents sans relation avec l’affaire mais considérés comme pièces à charge, même ceux de sa fiancée.”
Concernant les cartes d’identité retrouvées sur lui, l’avocat s’est demandé : “Est-ce que ces cartes étaient recherchées par la police et avaient fait l’objet d’une déclaration de perte ? Et pourquoi les concernés ne se sont pas présentés à la police ou à la justice dans cette affaire?” Et de conclure : “La justice commet des erreurs et c’est le justiciable qui paie”.

Il terminera sa plaidoirie en affirmant que l’accusé principal est issu d’une bonne famille et n’est pas un repris de justice. “Il souffrait de troubles psychiques en 2003. Nous demandons qu’on lui pardonne, il est jeune et il a besoin d’une autre chance.”
Le verdict sera rendu le 19 décembre prochain.

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