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Actualités - Nouvelles
Écrit par S. A. I.   
Mercredi, 29 Décembre 2010 00:16
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Une année mouvementée s’achève

Algérie 2010Crise organique ouverte au sein du Front de libération nationale (FLN), grande opération de relogement sur fond d’émeutes violentes dans l’Algérois, nouveau scandale de la compagnie Sonatrach mis à nu par les enquêteurs du DRS à Oran, lourd et durable engagement militaire antiterroriste dans les maquis de Sidi-Ali-Bounab, voilà sur quoi l’année 2010 s’apprête à nous faire ses adieux.
Entre-temps, l’autonome n’aura pas été que saison des feuilles mortes, le printemps, non plus, n’aura pas été que senteurs odorantes de fleurs qui éclosent. L’été ne s’est pas lové dans le seul farniente, et l’hiver, plutôt que de blanc immaculé des manteaux de neige, a été marqué d’un rouge sang : l’assassinat dans son bureau du DGSN Ali Tounsi. Rétrospective des faits et des événements les plus marquants.

Assassinat de Ali Tounsi
La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre : le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), le colonel Ali Tounsi, est victime d’un attentat. C’était le jeudi 25 février 2010. C’étaient d’abord les télévisions satellitaires étrangères qui donnèrent l’information. Ce n’est que vers le milieu d’après-midi que l’assassinat du DGSN est attesté officiellement. Ali Tounsi avait été assassiné dans son bureau. L’auteur de son assassinat n’était autre que le colonel Chouieb Oultache, colonel à la retraite que le défunt avait nommé à la tête de la division héliportée de la DGSN. Les deux hommes s’étaient, avait-on dit, liés d’amitié. Le jeudi fatidique, le colonel Oultache était tout remonté de lire dans la presse du jour qu’une enquête le ciblait pour une histoire de marché douteux qu’il aurait conclu. Zerhouni, alors ministre de l’Intérieur, avait, dans une première réaction, évoqué une crise de démence. La famille Tounsi lui en a tenu grief. L’enquête, qui suit toujours son cours, livrera, peut-être, les dessous de cet assassinat.

Zerhouni, le pilier, a fini par bouger
Catalogué comme proche, ami et homme de confiance du président Bouteflika, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nourredine-Yazid Zerhouni dut, assurément la mort dans l’âme, quitter le département de l’intérieur. C’était lors du remaniement ministériel du 27 mai 2010. Promotion ou voie de garage, c’est selon, Zerhouni est nommé vice-Premier ministre. Une nomination dont il n’a pas eu à se plaindre, du moins publiquement, mais qui, en vérité, ne semble pas le réjouir. Un jour, il confessa d’ailleurs qu’il avait demandé au président qu’il lui définisse clairement ses prérogatives. On ne sait pas si Bouteflika a, depuis, accédé à sa doléance. Quoi qu’il en soit, Zerhouni est, pour le moins qu’on puisse dire, occulté par la sollicitation et donc la chronique médiatique. Censé, de par son rang de vice-Premier ministre, seconder Ouyahia, Zerhouni ne semble pas trop impliqué dans la gestion de l’exécutif. A moins qu’il ait choisi de ne pas faire de publicité autour des tâches qui lui sont dévolues dans le nouvel exécutif.

Un remaniement ministériel fatal à Chakib Khelil
Après avoir tergiversé de long mois, le président Bouteflika finit par consentir à remanier le gouvernement. Il en a fait l’annonce officielle le 27 mai 2010. Cependant, pas de remaniement de fond en comble, comme crurent le savoir certains observateurs politiques. Ouyahia est resté le coordinateur en chef de l’exécutif. Son staff est dans sa majorité maintenu. Les seuls changements notables ont intéressé Zerhouni, nommé vice-Premier ministre, et Chakib Khelil, le ministre de l’Energie et des Mines, un autre proche du président, qui, lui, a dû faire ses valises. Bouteflika a dû se résoudre à écarter ce dernier de l’exécutif suite au scandale qui a ébranlé la Sonatrach. Un scandale auquel le ministre ne serait pas étranger. Khelil est remplacé par un enfant du secteur de l’énergie, Youcef Yousfi.

Le (les) scandale (s) Sonatrach
Tout au long de l’année 2010, un scandale a tenu en haleine l’opinion publique nationale, voire à travers le monde : celui dans lequel s’est embourbé et n’en finit toujours pas de s’enliser la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach. L’opinion savait depuis l’éclatement de l’affaire BRC que Sonatrach ne pouvait prétendre à l’exemplarité en matière de gestion et de passation de marché. Les enquêteurs du DRS, qui se sont intéressés de près au «colosse», allaient révéler les détails troublants d’une corruption ayant gangrené l’entreprise. Dès janvier, la presse publiait des résultats de l’enquête. La justice, saisie, entreprit, en même temps d’instruire les dossiers. Le P-dg de Sonatrach, Mohamed Méziane, entendu dans une affaire de passation irrégulière de marchés, est mis sous contrôle judiciaire. Ses deux enfants ainsi que d’autres hauts cadres de la compagnie impliquée dans le scandale sont, quant à eux, mis sous mandat de dépôt. Mais le dossier n’est pour autant pas clos. Récemment, le tribunal d’Oran, se basant sur une enquête du DRS, a instruit un nouveau scandale de Sonatrach lié à ses activités aval. Abdelhafidh Feghouli, vice-président aval de la compagnie et qui a eu à assurer la fonction de P-dg par intérim lorsque Mohamed Méziane en fut déchargé, est mis sous mandat de dépôt. Mohamed Méziane, également mis en cause dans cette nouvelle affaire, est maintenu, lui, sous contrôle judiciaire.

Le livre qui passionna le débat politique
En publiant un livre consacré à la vie, au combat et à la mort du colonel Amirouche, Saïd Sadi, le président du RCD, réussit plus que quiconque à insuffler vie au débat politique. Amirouche : une vie, deux morts, un testament, l’opus, fouillé et bien structuré, signa au printemps 2010 une entrée littéraire des plus marquées. Plus marquée encore que la panoplie de livres édités à l’occasion des Sila. C’est que Saïd Sadi, l’auteur, n’a pas passé de longues nuits de veille à produire une romance. Ce sont des décades de recherches et de récoltes de témoignages sur la vie et le parcours du colonel Amirouche qu’il a voulu partager. Interrogée de la sorte, l’histoire de la guerre de libération et ses prolongements post-indépendance ne pouvaient laisser indifférent. Comme jamais auparavant, le débat a eu lieu, éclairé par moments, passionné par d’autres et avec, en filigrane, des polémiques. Des langues se sont déliées, qui pour jurer de la véracité des faits rapportés par Saïd Sadi, qui pour lui apporter la contradiction.

L’EN retrouve le Mondial
Sevrée de phases finales de Coupe du monde durant 24 ans, l’équipe nationale de football, conduite par Rabah Saâdane, s’est adjugée, avec panache, une double qualification pour les tournois finaux de Coupe d’Afrique et de Coupe du monde. Composée principalement de footballeurs évoluant dans les championnats européens, l’EN a donné de la joie aux supporters mais aussi à tout un peuple, accablé par deux décennies de malheurs. La qualification pour l’Afrique du Sud fut ardue. Les Verts ont eu le safari éprouvant. Au Caire, où ils disputaient le dernier match de poule qualificatif, ils verront le bus qui les transportait de l’aéroport à leur hôtel caillassé. C’était le 12 novembre 2009. Deux jours plus tard, ils livrèrent un match plein face aux Egyptiens qu’ils perdirent par 2 buts à 0. Le 18 novembre, soit sept jours plus tard, ils s’en sortirent victorieux dans une confrontation mémorable face aux mêmes Egyptiens. Ils atteignirent les demi-finales en Angola. En Afrique du Sud, ils calèrent au premier tour mais sans en avoir à rougir.

Enième ratissage à Sidi-Ali-Bounab
L’année 2010 s’achève sur une grande offensive militaire déclenchée et toujours maintenue dans le massif de Sidi-Ali- Bounab. Un massif surplombant la ville de Naciria, dans la wilaya de Boumerdès et qui a été au menu de la chronique sécuritaire depuis l’avènement du terrorisme islamiste. Cette grande offensive est intervenue alors que, depuis des années, la lutte contre le terrorisme était mise sur le mode réconciliation. Les bilans, toujours non confirmés, font état d’une vingtaine de terroristes éliminés, des «émirs» y compris.

Emeutes en guise d’adieu
Pour tirer sa révérence, l’année en cours devrait d’abord sentir l’odeur de pneus brûlés, de gaz lacrymogènes et connaître quelques barricades. C’est le cas précisément dans l’Algérois, où des opérations de relogement ont fait essaimer des émeutes. La cité des Palmiers, à Bachdjarrah, en a été le théâtre en début de semaine. Mais l’année en a vu d’autres, à différents endroits du pays. On y retrouve à chaque fois les mêmes éléments déclencheurs : chômage, hogra et malvie.

Le lait s’est fait rare
Les Algériens ont connu une rentrée sociale marquée par la crise du lait en sachet. Née d’un conflit entre les transformateurs privés et l’organisme public chargé de l’importation de la poudre de lait, l’Onil, la crise a éprouvé les ménages. Durant plusieurs semaines. Les transformateurs ont accusé l’Onil de leur livrer la poudre de lait avec parcimonie, ce qui les a obligés à réduire leur production. L’Onil, de son côté, a accusé les transformateurs de s’adonner à une spéculation sur la poudre. Résultat des courses : ce sont les ménages qui étaient pris en tenailles.

Le phénomène WikiLeaks
Comme pour ne pas partir sans laisser d’autres marques significatives, l’année 2010 s’achève sur l’avènement de Wikileaks, ce site qui a fait et fait encore trembler les grands de ce monde. Des milliers de mémos classés confidentiels, expédiés depuis les ambassades américaines d’un peu partout dans le monde, ont été éventés. Le site Wikileaks, chez qui ils ont atterri, a associé quelques grandes publications pour les publier. L’on apprend, au fil des publications, ce qui se raconte dans les ambassades américaines. Des confidences en tout genre, des plus croustillantes aux plus engageantes politiquement.

Le Soir d'Algérie
 

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