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Les émeutes de la fin ? PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Nouvelles
Écrit par Sofiane Aït-Iflis   
Samedi, 08 Janvier 2011 01:22
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Les émeutes de la fin ?Alger ainsi que d’autres villes du pays ont connu jeudi et vendredi de violentes émeutes. Des manifestants, qui se recrutent principalement dans la population juvénile, ont, partout, au niveau des quartiers comme sur les axes routiers et autoroutiers, érigé des barricades, brûlé des pneus et se sont affrontés avec les forces de l’ordre.

Les émeutes, expression d’un marasme social profond, ont éclaté suite à des augmentations subites et vertigineuses des prix de certains produits de consommation, le sucre et l’huile notamment. Mais elles étaient déjà dans l’air bien avant ce jeudi fatidique. L’embrasement était prévisible, tant éprouvant était devenu le quotidien, du fait d’une stagnation salariale parallèlement à une inflation allant inexorablement crescendo. D’ailleurs le soulèvement de ce jeudi dans plusieurs villes du pays n’était qu’un cran de plus dans une protestation populaire qui a émaillé toute l’année 2010. La statistique est d’ailleurs édifiante. Effarante. Il a été dénombré plus de 10 000 émeutes. Tous les problèmes s’exposent par l’émeute et c’est par elle qu’ils se résolvent ou se corsent. Qu’il s’agisse de dénoncer une «hogra», un travers administratif ou de réclamer un logement, le recours à la barricade a été et poursuit d’être quasi-systématique.

Des partis politiques, à l’instar du RCD, ont su lire et décoder le mécontentement social et ont eu la lucidité d’alerter quant à la menace d’embrasement généralisé. Ils ont vu juste. Et c’est arrivé plutôt qu’attendu, comme pour signifier au Premier ministre que c’est plutôt lui et son gouvernement et non l’opposition qui se trompent de société. Ahmed Ouyahia, polémiquant avec le RCD, lors du débat autour de sa déclaration de politique générale, s’était, on se le rappelle, laissé aller à cette réplique : «vous avez l’habitude de vous tromper de société.» Le Premier ministre a parlé, donc, tout faux. La rue qui gronde inlassablement et éructe des colères du genre de celle vécue jeudi apporte un démenti cinglant au gouvernement qui s’emploie à vendre, convoquant les chiffres en renfort, son idée d’une gouvernance éclairée. Deux quinquennats plus tard et deux années du troisième bientôt consommées, le président Bouteflika et ses gouvernements successifs ont raté lamentablement de réussir le pari promis d’une paix sociale. Pourtant que d’argent dépensé ! Les deux premiers quinquennats ont été dotés d’une enveloppe totale de près de 300 milliards de dollars. Et celui en cours bénéficie de 286 milliards de dollars. Autant d’argent pour ne produire que… l’émeute, la performance restera assurément pour longtemps inégalée.

Ça restera le paradoxe d’un pays qui s’enorgueillit de thésauriser 155 milliards de réserves de change, pendant que sa population se trouve assidûment fréquentée par la mal-vie. Les ratages de la gouvernance sont là, patents, traduits par les émeutes. Il demeure juste de savoir s’il faut en entendre un chant du cygne, voir les signes d’une fin de règne ?

Le Soir d'Algérie
 

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