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CONTESTATIONS DE RUE, PÉNURIES, FLAMBÉE DES PRIX ET SPÉCULATION PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Nouvelles
Écrit par Mohamed TOUATI   
Mardi, 17 Mai 2011 10:46
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Le gouvernement à bout de souffle

La contestation sociale dure depuis plusieurs semainesLes ministres ont lamentablement échoué sur l’essentiel, là où les attendaient les Algériens: l’amélioration de leurs conditions sociales et économiques.

L’Algérie s’est distinguée depuis de nombreux mois par des mouvements de grève dont le leitmotiv a porté sur des augmentations de salaires. Tous les corps de métiers, pratiquement, ont été touchés. Les travailleurs de l’Education nationale, de la santé, de l’enseignement supérieur, les métallurgistes, les sidérurgistes, les gardes communaux... tous ont battu le pavé. Signe d’un malaise qui couvait depuis trop longtemps. Pour ceux qui auraient déjà oublié, voici le constat que faisait le Premier ministre lors de l’ouverture du 3e congrès du RND à propos des progrès réalisés par l’Algérie au cours de la dernière décennie. Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique s’était interrogé, malgré des performances jugées notoires:
«Est-ce à dire par là que tout va bien? Est-ce à dire que l’Algérie s’est enfin libérée d’une dépendance économique excessive envers l’extérieur? Est-ce à dire qu’elle a libéré ses citoyens de la dépendance envers l’aide de l’Etat? Est-ce à dire que tous nos compatriotes sont heureux dans leur quotidien et rassurés pour leur avenir?» Qu’avait- il conclu? «La réponse est assurément non!» avait fait remarquer Ahmed Ouyahia au cours de l’allocution qu’il avait prononcée au mois de juin 2008.

Cela se passe de commentaires. Des déclarations prémonitoires qui auguraient d’un front social qui allait se mettre en ébullition et qui continue de tonner comme un ciel en colère annonciateur de gros orages. Le risque d’une violente tempête n’est pas encore passé. La contestation est toujours aussi vive, menaçant une paix sociale fragilisée par des mouvements de protestation qui ne font pas relâche. Ahmed Ouyahia avait en quelque sorte prévenu. Le constat du président de la République est aussi implacable, sinon plus. «Nous avons échoué», avait renchéri Abdelaziz Bouteflika au mois de juillet 2008. «Il est temps d’établir une autocritique. Nous devons faire une auto-révision. Il est temps de réfléchir avec honnêteté et sincérité. Il ne faut pas fuir la vérité. On ne peut pas échapper à la réalité. Le chemin que nous avons emprunté ne mène pas au paradis», a solennellement déclaré le chef de l’Etat dans son discours prononcé à l’occasion de sa rencontre avec les 1541 P/APC que compte l’ensemble du territoire national. Trois années plus tard, le contexte n’est guère reluisant. Les 160 milliards de dollars de réserves de change se sont avérés impuissants pour sortir l’Algérie de sa dépendance par rapport aux hydrocarbures. La fabuleuse manne financière engrangée grâce à une flambée historique des cours de l’or noir (les prix du pétrole avaient atteint 147 dollars au mois de juillet 2008 et l’Algérie avait à la fin de la même année récolté quelque 78 milliards de dollars) a tout juste permis d’atténuer la grogne sociale. Ces bons résultats de l’économie nationale n’ont pas outre mesure amélioré le quotidien des Algériens. Ils n’ont pas non plus permis de poser les jalons d’une économie productive hors hydrocarbures. A qui la faute? L’agriculture et le tourisme, qui pourraient constituer le fer de lance d’une économie compétitive, nagent en plein marasme. La stratégie industrielle initiée et annoncée avec grand fracas par Abdelhamid Temmar, a connu un enterrement de première classe. «Nous avons présenté au gouvernement un projet sur la stratégie industrielle, dont le cadre a été approuvé. Nous allons nous rencontrer chaque semaine pour approfondir le dialogue sur le sujet, point par point», avait laissé entendre l’ex-ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements vers la fin de l’année 2006 pour ensuite déclarer au mois de décembre 2007 à l’occasion d’une rencontre organisée à l’hôtel Aurassi par l’Union des entrepreneurs algériens: «Nous n’avons pas de grande stratégie industrielle.»

Le clou a été enfoncé par le Premier ministre. «Pour cette stratégie industrielle, je vais être brutal, elle a fait beaucoup plus l’objet de communications que d’actions. Elle n’a jamais été adoptée en Conseil des ministres», avait déclaré Ahmed Ouyahia le 11 mars 2009 sur les ondes de la Chaîne III. L’ancien ministre du Tourisme s’est fixé comme objectif d’atteindre les 2,5 millions de touristes d’ici à l’horizon 2015. Une chimère. De manière récurrente, l’Algérie a dû faire face à la pénurie de la pomme de terre, au problème du renouvellement de ses stocks de blé, à la crise de la filière du lait, à l’importation des viandes ovines et bovines et à une flambée des prix des produits de large consommation et des fruits et légumes sans précédent. Quant au prix de la sardine, il a atteint un prix prohibitif: 350 dinars le kilogramme.

Dans un peu plus de deux mois avec le début du mois sacré du Ramadhan, le phénomène de la spéculation s’accentuera. Pour y faire face, le gouvernement fera appel à des importations tous azimuts, comme ce fut le cas l’année dernière avec la viande de buffle...Le ministre du Commerce sortira un énième «plan anti-pénurie» qui se distinguera comme d’habitude par son inefficacité. Il y a déjà bien longtemps que les différents gouvernements, qui se sont succédé depuis l’indépendance à nos jours, se sont illustrés par un manque d’imagination flagrant. L’addition se paie cash: elle s’élève à 40 milliards de dollars d’importations par an.

L'EXPRESSION

 

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