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MOBILISATION GÉNÉRALE, HIER, CONTRE LES KIDNAPPINGS PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Nouvelles
Écrit par Samir LESLOUS   
Lundi, 23 Mai 2011 00:00
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Tizi Ouzou paralysée

Tizi Ouzou paralyséeLa plupart des magasins de la ville de Tizi Ouzou n’ont pas ouvert leurs portes. Ceux qui ont ouvert durant les premières heures de la matinée, juste pour écouler les produits frais et périssables, n’ont pas tardé à baisser rideau.

La population de la ville de Tizi Ouzou n’a, depuis longtemps, pas parlé d’une voix aussi unie et solidaire qu’hier en exprimant sa totale adhésion au mot d’ordre de grève générale à laquelle avait appelé la Coordination des villages de la daïra de Béni Douala en signe de mobilisation pour la libération du jeune Mourad Bilek, et surtout pour dire “halte aux kidnappings”, ce phénomène qui a fait 63 victimes dans la wilaya depuis son apparition en 2005.

La plupart des magasins de la ville de Tizi Ouzou n’ont pas ouvert leurs portes. Ceux qui ont ouvert durant les premières heures de la matinée, juste pour écouler les produits frais et périssables, n’ont pas tardé à baisser rideau. À 10h, toute la ville était paralysée. L’opération ville fantôme a bel et bien réussi. Une simple tournée à travers les artères, principales ou secondaires, de la ville suffit pour constater cette adhésion massive des habitants, et plus particulièrement des commerçants, ces habituelles cibles privilégiées du kidnapping. “Aujourd’hui, c’est ce petit jeune Bilek de Béni Douala et ce marbrier de Mechtras et demain, ce sera peut-être mon fils ou le fils d’un autre. Alors, nous ne pouvons qu’adhérer à cette grève”, commente un vendeur de vêtements féminins devant la porte de son magasin au centre-ville. C’était, par contre, dans les institutions publiques que le suivi était quelque peu mitigé. “Les pouvoirs publics ont encore raté une occasion pour être aux côtés de la population qui ne cesse déjà de les épingler pour leur passivité et l’absence de réactions à chaque fois que sévissent les ravisseurs”, nous dit un des membres de la Coordination des comités de village de Béni Douala. C’est justement ce constat d’absence de l’État, largement partagé ces dernières années dans la région, qui pousse de plus en plus la population locale à se prendre en charge à travers des actions de mobilisation et de solidarité qui ont déjà, par le passé, porté leurs fruits à Iflissen, Boghni et Aghribs.

Hier encore, la population à Tizi Ouzou n’a pas manqué à cet énième rendez-vous avec la mobilisation pour délivrer un message révélateur de la détresse et de la psychose qui s’emparent notamment des milieux plus ou moins aisés dans la région. “Nous vivons constamment dans la peur pour nous-mêmes et nos enfants”, dira Chabane, propriétaire d’un grand magasin en ville, pour qui la grève générale d’hier est une initiative à saluer, à laquelle il fallait adhérer sans même y réfléchir. Même son de cloche partout dans la ville de Tizi Ouzou où vient s’organiser, hier, pour la première fois, une action contre les kidnappings. Une action qui sera suivie aujourd’hui par une rencontre de la délégation de Béni Douala avec le premier magistrat de la wilaya autour de la préoccupante situation de Mourad Bilek qui vit sa douzième journée de captivité et Hammour Hadj Ali, qui est, lui aussi, entre les mains de ses ravisseurs depuis maintenant neuf jours. Une réunion devait encore avoir lieu, hier en fin de journée, à Béni Aïssi, pour décider des prochaines actions à organiser pour maintenir la mobilisation et exiger la libération des otages.

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