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De la gouvernance en général, en Algérie PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Nouvelles
Écrit par Docteur Abderrahmane MEBTOUL   
Mardi, 16 Février 2010 00:00
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De la rente pétrolière et du placement des réserves de change en particulier

De la gouvernance en général, en AlgérieL’Algérie ne pourra aller vers un Etat de droit , une bonne gouvernance  que si six   (6) questions fondamentales  sont  traitées dans la plus grande transparence , car évoquer le secret défense ne tient pas la route , mais voile des intérêts d’une minorité rentière souvent sous le couvert de discours  chauvinistes  d’intérêt national,   puisque la majorité des pays dis démocratiques  à travers leur parlement  évoquent ce genre de sujet. Or, existe un théorème en  sciences politiques dit 80/20%. Car il faut s’attaquer à l’essentiel et non à l’accessoire, 80% d’actions mal ciblés  que l’on  voile par de l’activisme ministériel, ne donnent qu’un impact sur 20%, alors que  20% d’actions  bien ciblées  donnent  un impact de 80%

1.-La  gestion de la rente  de  Sonatrach qui est la propriété de tout  le  peuple algérien impliquant sa gestion démocratique  et  un calcul  cumulé  de 1990/2010 pour déterminer les évolutions des recettes , la part  investie par  Sonatrach ( coûts projet par projet des dépenses   prévues et les dépenses réalisées- idem pour tous les secteurs ) et le versement  au trésor.

2.-La gestion de la distribution de la rente,   c’est à dire l’octroi des crédits également  le montant  cumulé  structurellement et sectoriellement  depuis 20 ans  , impliquant  la réforme profonde de tout le système financier  et non des replâtrages techniques ou organisationnels, réforme souvent annoncée mais toujours différée .

3.-La gestion  des  réserves de change d’environ 144 milliards de dollars  début janvier 2010 mais impliquant   une consolidation : combien  avons-nous placé  à l’étranger depuis 20 ans ,  en précisant  la nature, en bons de trésor ou dans  des  banques internationales, par qui,  dans quel pays et  à quel taux d’intérêt .

4.- La quantification de la dépense publique  et son impact sur le  taux de croissance  et le taux  de chômage non artificiellement gonflé mais le réel, sur le  social notamment sur le niveau de l’inflation et sur le  pouvoir d’achat  de la majorité de la population  en spécifiant  la répartition du revenu national entre les différentes couches sociales.

5.- L’efficacité de la dépense publique  en référence  aux institutions mis ou qui devait être mis   en place  dans le cadre de cette difficile transition vers l’économie de marché qui ne saurait signifier anarchie mais un Etat régulateur fort , fort que par la moralité  de ses hommes et de ses institutions,  pour suivre  cette efficacité , évitant  notamment la mauvaise gestion et  la corruption notamment des organes au sein d e l’exécutif , les organes d’audits , les commissaires aux comptes qui sont devenus au fil des années des fonctionnaires des conseils d’administration  sans rotation, , l’inspection générale des finances  , et surtout les organes  indépendants de l’exécutif comme la cour des comptes( pourquoi son gel ? )  , le parlement en évitant de nouvelles  commissions  et encore des commissions  qui ont montré leurs inefficacités,  comme cette solution de facilité de changer de lois à chaque problème.

L’Algérie selon l’avis unanime des experts juridiques a trop de lois  et   les textes juridiques existants sont  parmi les meilleures du  monde sur le papier,  alors que les pratiques sociales contredisent quotidiennement ces lois, alors que l’objectif stratégique  est de maîtriser la régulation d’ensemble supposant  que l’on débatte  du futur rôle de l’Etat dans le développement économique et social face aux turbulences d’une économie mondialisée en perpétuelle évolution tenant compte du nouveau défi écologique,  du passage de collectivités locales providences  aux collectivités locales entreprises par une réelle décentralisation, et non encore la vision bureaucratique d’ une déconcentration,  et donc  des institutions appropriées souples et non caractérisées par des lourdeurs bureaucratiques , la bureaucratie étant le frein essentiel à l’investissement utile. Car en programment 200 milliards de dollars de dépense publique entre 2004/2009, outre qu’il fallait penser à l’entreprise et la valorisation du savoir, les infrastructures  ayant absorbé plus de 70% de la dépense, ce qui constitue une mauvaise allocation des ressources financières forcément limitées, n’étant qu’un moyen, en  privilégiant le volontarisme étatique et les relations personnalisées,  sans penser à la mise en place  d’institutions de suivi et de contrôle efficaces, il fallait s’attendre inévitablement à la mauvaise gestion et à la corruption que relatent la presse nationale. Il y a fort risque qu’il en sera de même  pour les 150 milliards de dollars programmés entre 2010/2013.

6.-Réaliser  un consensus national minimal entre les différentes forces politiques, sociales et économiques, évitant des monologues avec des créations bureaucratiques  qui ne sont là que pour  des captations de rente,  en intégrant également  la force sociale et économique dominante  la sphère informelle,  telle est la sixième question  pour réaliser cette transition   douloureuse mais nécessaire,  la réforme globale qui est très complexe car déplaçant d’importants segments de pouvoir.

Ce sont là les six   questions fondamentales auxquelles le gouvernement doit répondre en urgence, loin de tout discours démagogique qui ne porte plus , comme vouloir incomber  la responsabilité à l’extérieur alors que le mal profond est en nous,  ou à des force occultes internes, alors que personne ne peut se targuer d’être plus nationaliste qu’un autre,  s’il veut mobiliser   la population algérienne et notamment la jeunesse qui a montré son nationalisme à travers les prouesses  de notre jeune  équipe de foot baal  en se réappropriant le drapeau Algérie  ( l’instrumentalisation  politique n’ayant pas porté),  population  qui traverse, à travers les différents scandales financiers,  une névrose collective  se traduisant par un  divorce croissant Etat/citoyens.

En résumé, tout en évitant la sinistrose  car l’Algérie a toutes les potentialités pour réussir, face à cette mondialisation impitoyable où toute Nation qui n’avance pas  recule, mais également l’autosatisfaction à l’image   du Titanic ( les gens dansaient pendant que le bateau coulait), ou de Narcisse ( c’est moi qui a raison  et tout le reste est mensonge) , la dure réalité du terrain étant là,   la sécurité nationale étant posée, il y a  urgence pour redresser la situation de l’Algérie qui traverse une crise multidimensionnelle, de débats contradictoires productifs, d’un dialogue serein   et responsable loin de tout autoritarisme bureaucratique  ère des années passées, , donc  d’une gouvernance  renouvelée car continuer dans l’actuelle voie est suicidaire pour le pays.

Un débat national sous  le haut patronage du président de la République, premier magistrat du pays selon la Constitution,  relatif à la gestion de  la rente des hydrocarbures représentant 98% des recettes en devises, faisant vivre malheureusement   tout le peuple algérien, et  sur la destination du  placement des réserves de change , devient donc urgent  si l’on veut éviter une dérive préjudiciable aux intérêts supérieurs du pays, ne pouvant continuer dans l’actuelle politique socio-économique et gouvernance,  voie suicidaire,  car il y va de la sécurité nationale. Méditons cette  phrase pleine de sagesse   du grand philosophe Aristote «  le doute est  le commencement de la sagesse ».

Docteur Abderrahmane MEBTOUL
Professeur  d’Université en management stratégique

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