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Une foule nombreuse a accompagné, hier, Ali Tounsi à sa dernière demeure PDF Imprimer Envoyer
Actualités - Nouvelles
Écrit par A. Bellaha   
Samedi, 27 Février 2010 00:00
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Un grand commis de l’Etat nous quitte

Il y avait foule hier après-midi au cimetière d’El Alia où a été inhumé le directeur général de la sûreté nationale, Ali Tounsi.
L’enterrement s’est déroulé en présence du président du Conseil de la nation, M. Abdelkader Bensalah, du Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, du président du Conseil constitutionnel, M. Boualem Bessaih et des membres du gouvernement. De hauts responsables de l’Armée nationale populaire (ANP), le général de corps d’armée, M. Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP, Abdelmalek Guenaïzia, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, le général major Ahmed Boustila, commandant de la gendarmerie nationale ont pris part à la cérémonie.Un grand commis de l’Etat nous quitte
Des cadres de la sûreté nationale, des personnalités, des compagnons d’armes du défunt, les membres de sa famille, des citoyens anonymes ont tenu, aussi, à accompagner la dépouille mortelle à sa dernière demeure.

Dans une émouvante oraison funèbre, le commissaire divisionnaire Lakhdar Dehimi, a retracé le brillant parcours de feu Ali Tounsi dédié au service de la nation et du pays. Il a évoqué, d’abord, sa participation à la lutte de Libération nationale alors qu’il était étudiant et, aussi, en tant que membre de la Wilaya V historique.
Dès l’Indépendance, Ali Tounsi a entamé une carrière militaire au sein de l’ANP. Ce diplômé en droit est nommé en 1995, directeur général de la sûreté nationale jusqu’à son décès. Le défunt a été, également, un membre actif du mouvement sportif national.

M. Lakhdar Dehimi a salué les qualités humaines de M. Tounsi qui a servi sans faillir l’Algérie, prenant part à l’édification des institutions de l’Etat. Il a mis en exergue ses efforts dans la lutte contre la criminalité. La sécurité du pays demeure sa préoccupation cardinale. M. Tounsi a beaucoup œuvré à la rénovation du système de formation et de remise à niveau de la sûreté nationale pour en faire une institution professionnelle moderne et respectée.
C’est un cadre de la nation intègre et compétent, reconnu aussi bien sur le plan national que sur le plan international puisque ses qualités, unanimement appréciées, lui ont valu de nombreuses décorations. M. Ali Tounsi est médaillé de l’Ordre du mérite national, de l’Armée de libération nationale (ALN), de l’Armée nationale populaire (ANP) et du Mérite militaire.

Le défunt est aussi récipiendaire de l’Ordre du mérite du Conseil international du sport militaire. C’est donc une riche carrière au service de la nation, du peuple algérien, du citoyen. C’est un directeur général de la sûreté nationale, hautement respecté pour son travail à la tête de cette institution. Il a veillé à sa modernisation, à son efficacité en développant ses rouages et ses services ainsi que ses méthodologies d’action, contribuant à la formation de plusieurs promotions de policiers formés scientifiquement et selon des critères de compétence et d’efficacité. Le défunt a toujours veillé à encourager le concept de police de proximité en croyant dur comme fer que l’Etat de droit commence dans les rangs de la police et que le citoyen est le pilier de la sécurité. C’est cette démarche qui l’a inspiré durant toute son activité à la tête de la DGSN.
C’est à un grand serviteur de la nation auquel la foule, nombreuse, hier, au cimetière d’El Alia a rendu un dernier et sincère hommage.
M.  B.

Le directeur général de la sûreté nationale, Ali Tounsi,  décédé jeudi à Alger a participé, dès son jeune âge, à la guerre de Libération  nationale.         
Collégien, le défunt était membre de l'Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) et a participé à la grève de 1956. En 1957, il rejoint la Wilaya V historique, avant de suivre une formation de cadre à l'école politico-administrative et fit partie de la promotion Ben M'hidi.         
En 1958, il est fait prisonnier au cours d'un accrochage à Sidi Bel-Abbès pour être libéré en 1962.         
Au lendemain de l'Indépendance, il entame une carrière militaire au sein de l'Armée nationale populaire (ANP) dans le corps de la sécurité.         
A la fin des années 1970, il dirige l'Ecole du génie à Arzew avant d'occuper le poste de commandant-adjoint de la 4e région militaire. Licencié en droit, le défunt prend sa retraite de militaire et fut désigné en 1995 directeur général de la sûreté nationale jusqu'à son décès.

Communiqué du ministère de l'Intérieur  et des collectivités locales
Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités  locales a rendu public, jeudi, le communiqué suivant:         
"C'est avec beaucoup de consternation que le ministre d'Etat ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales déplore en ce jour à 10 h 45 le décès de M. Ali Tounsi,  directeur général de la sûreté nationale. "Le décès de M. Ali Tounsi, directeur général de la sûreté nationale  est survenu lors d'une séance de travail, au cours de laquelle un cadre de la police, apparemment pris d'une crise de démence a utilisé son arme et a blessé  mortellement le Colonel Ali Tounsi, après quoi il a retourné l'arme contre lui se blessant gravement et a été transféré à l'hôpital.   

"En cette douloureuse circonstance, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales présente ses sincères condoléances  et exprime sa sympathie émue à la famille du défunt et à l'ensemble du corps de la sûreté nationale et tient à souligner le patriotisme de feu Colonel Ali Tounsi, compagnon d'armes et cadre valeureux, qui a consacré toute sa vie au  service de la nation, à la lutte antiterroriste durant les seize dernières années et à la modernisation de la sûreté nationale.         
"Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales fait appel à l'ensemble des personnels de la DGSN pour maintenir l'impulsion  et la dynamique engagées par le défunt dans leurs missions au service des institutions de la République.
"Une enquête judiciaire est ouverte pour déterminer les circonstances  de ce douloureux événement".

Le colonel Ali Tounsi  dit Si Ghaouti : la sensibilité mal dissimulée de l’homme
Si, quelque part, une certaine rigueur se dégageait du visage du responsable qui a, effectivement, participé grandement à la modernisation de l’institution de la sûreté nationale et jeté les fondements de la professionnalisation du corps, l’homme dissimulait mal une sensibilité constamment exhibée au gré de rencontres avec les anciens compagnons d’armes conviés systématiquement à toutes les cérémonies de sorties qu’il présidait. Et autant de souvenirs sont évoqués en la circonstance, histoire de rappeler un esprit de sacrifice d’une génération et de raviver toujours un sentiment de fraternité et d’amitié dépassant les obligations professionnelles et les frontières.

Le rythme était si soutenu que les  visites du défunt s’assimilaient à des retrouvailles pour rappeler un temps et un combat mené solidairement avec ce résistant qui a grandi dans la cité de la Mekkerra et fait partie de la zone 5, Wilaya 5 lors de sa participation à la guerre de Libération. Un détail qui explique dans une grande mesure ses tournées fréquentes dans la région comme pour se ressourcer et s’inspirer des valeurs de ses authentiques enfants à l’image des regrettés Mohamed Tayebi Larbi, Nedjadi Mohamed dit si El Bekkai, Tahar Moustache, Belahcene et autres. Souvent, l’homme contenait difficilement ses larmes en évoquant les glorieux martyrs et en s’étalant surtout sur leur dévouement pour l’Algérie.

Quelques images restent encore vivantes dans la mémoire de ses compagnons qui ont appris avec une énorme tristesse la nouvelle de sa mort tragique. Une mort toutefois physique car l’œuvre du responsable demeure pour marquer à jamais la vie et l’évolution de cette institution qui a connu des progrès conséquents et a acquis un capital expérience d’une rare singularité pour être, aujourd’hui, sollicitée dans l’approfondissement des investigations sur notamment le terrorisme. C’est dire tout le travail accompli par le défunt le colonel Ali Tounsi dit Si Ghaouti.

C’est au cours de ces dix dernières années que l’institution au gré d’une nouvelle ère qui a fait de la valorisation des notions de justice, de l’Etat de droit et des droits de l’homme, un fondement du renouveau national, a connu une profonde mutation en dépit de toutes les faiblesses et les lacunes dont le traitement reposait sur une dynamisation de la formation et l’instauration graduelle d’une nouvelle culture de gestion et de fonctionnement. Des objectifs ont été fixés pour rapprocher le citoyen de la police grâce à une multiplication des structures, à leur équipement et à leur modernisation en partant du principe que l’Etat de droit commence dans l’institution de la sûreté.

Des académies de police, des structures spécialisées d’investigation, des laboratoires modernes au service de la police scientifique, des stages de perfectionnement au profit des cadres et autres agents, les actes accomplis ont permis de métamorphoser ce corps plus que jamais reconnu et considéré pour son efficacité par les organismes internationaux les plus développés. Le défunt s’est investi pleinement dans cette refonte pour avoir le mérite de contribuer à la concrétisation de ce vaste processus de redressement national.

Quinze années durant, le défunt a su véhiculer des idées et mettre en forme une culture de l’esprit des valeurs de droit. Une culture qu’il veillait à son enracinement en évaluant périodiquement et régulièrement ses phases d’application.
En clair, le dévouement et la persévérance de ce haut responsable furent déterminants dans la perception de la mutation de cette noble institution au service du citoyen et des lois de la République. Son œuvre sera immanquablement répertoriée pour constituer cette autre référence dans la reconfiguration et la consolidation des assises de la police algérienne.


EL MOUDJAHID
 

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