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Urgence numérique dans la société algérienne de l’information et processus de mise en œuvre de la télévision numérique terrestre (TNT) PDF Imprimer Envoyer
Rubrique - Contribution
Écrit par TAHAR BEDDIAR (*)   
Mardi, 11 Janvier 2011 00:05
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Urgence numérique dans la société algérienneLa présente contribution vient au moment où les débats sont menés sur les voies et moyens de mise  en œuvre de la TNT. J’ai choisi la presse, unique et ultime moyen de communication restant  pour accomplir un devoir de conscience.

Il est devenu banal de dire, aujourd’hui, que nous sommes entrés de plain-pied dans la société de l’information. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication, dont Internet constitue le référent identitaire, sont présentes dans tous les domaines d’activité des hommes, enseignement, communication, documentation, édition, commerce, finances, médecine, loisirs, recherche scientifique, etc. La généralisation des échanges électroniques d’informations et de documents, le caractère universel de cette nouvelle communication globale, planétaire, la rapidité et le caractère spectaculaire des mutations induites font de cette “révolution” un moment-clé de l’histoire de l’humanité.

Dans le domaine de la communication, l’impact technologique de numérisation globalisante touche deux segments particuliers, l’audiovisuel et la presse écrite.
Lors de la cérémonie d’investiture, le 19 avril 2009, Son Excellence, monsieur le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, avait rappelé que “…La liberté de la presse, qui participe essentiellement à notre projet démocratique, sera pleinement respectée, l’État restant déterminé à agir pour faciliter davantage encore, et à tous égards, l’exercice et le développement de la profession…”

Pour ce qui est du secteur de l’audiovisuel, dont la raison d’être est de servir le citoyen de la manière la plus bénéfique possible, les retombées d’une situation de sérénité retrouvée lui permettront d’entrer  de plain-pied dans la révolution numérique mondiale et saisir l’opportunité ainsi offerte de bénéficier des avancées technologiques induites par cette révolution dans le domaine de la communication, en général, et de la télédiffusion terrestre et spatiale, en particulier.
C’est que la révolution numérique, de par l’innovation technologique permanente qu’elle propose, a permis de réaliser des avancées considérables dans les domaines de la transmission de la diffusion et de la production audiovisuelles.
C’est ainsi que la numérisation des équipements de production radio et TV et de télédiffusion est une des priorités du secteur de la communication.

Dans cette perspective, nous sommes confrontés aux tendances et préoccupations liées à :
- la télévision à haute définition,
- la télévision numérique terrestre pour en faire une importante plateforme de distribution par la radiodiffusion,
- la gestion du spectre radioélectrique et du potentiel du dividende numérique,
- la radio numérique,
- l’approche envers l’industrie,
- la formation…

La presse nationale, et plus particulièrement quotidienne nationale, aborde, quant à elle, ce contexte avec à la fois des handicaps structurels connus depuis longtemps, mais jamais résolus, des retards dans l’évolution de son offre de contenus et des interrogations quant à son métier  et sa relation avec ses lecteurs.
Tout ceci nous interpelle pour des adaptations drastiques du marché et de ses principaux acteurs, pour plus de professionnalisme dans le cadre d’une modernisation technologique continue.

Pourquoi une stratégie numérique ?
La pertinence de cette question n’est pas à démontrer, eu égard à la relance du gouvernement qui s’inscrit dans le cadre du plan d’action quinquennal 2010-2014.
Il ne fait plus aucun doute que notre compréhension de la création de la distribution et la consommation des médias est mise au défi par les modèles émergents nés de l’évolution vers l’ère du numérique et de la convergence. Aujourd’hui, les médias  audiovisuels presse-radio-télévision sont dans l’obligation de s’adapter pour continuer à capter le lectorat et l’audience. Le ministère de la Communication a pour vocation première et mission principale d’accompagner et de diriger cette “révolution”, sachant que dans beaucoup de sociétés développées cette mission a été dévolue à un ministère, ou entité ministérielle, chargé de la numérisation.
Le prochain quinquennat sera celui de la mise en place des voies et moyens du passage de l’analogique au numérique en réduisant au maximum l’impact de la “facture numérique”. Dans cette perspective, le Premier ministre a mis en place un comité de stratégie numérique, composé de l’ensemble des secteurs d’activités protagonistes de la numérisation et présidé en 2009 par le secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé de la Communication.

Quels sont les grands thèmes qui ont focalisé l’attention de cet organe (le comité de stratégie numérique) ?
Les radiodiffuseurs de service public (RSP) sont les principaux moteurs de l’évolution numérique TV et radio et ils jouent un rôle essentiel dans le développement et le succès des technologies.
Que ce soit par le biais de tests, de la mise à disposition du contenu ou de l’extension de la couverture, les radiodiffuseurs de service public s’engagent, aujourd’hui et toujours, à faire profiter le public des avantages des technologies numériques.
Le comité a retenu que trois éléments peuvent garantir le succès de la numérisation quelle soit radio ou TV : un contenu adapté, une couverture étendue et la mise à disposition d’une large gamme d’appareils grand public.
La stratégie numérique à mettre en place gagnerait à refléter la réalité actuelle et offrir une vision d’avenir.
Il faut espérer que cela apportera une précieuse contribution au développement du paysage audiovisuel national et assurera la compétitivité dans l’environnement numérique.
Quelles sont les questions saillantes qui ont interpellé le comité de stratégie numérique ?
Pour un contenu adapté, une couverture étendue et la mise à disposition d’une large gamme d’appareils, le comité a tenté de réunir les éléments de prise en charge des questions suivantes :

1. Comment assurer la compétitivité dans l’environnement numérique ?
Il faut assurer au public algérien l’accès à un éventail de contenu et de services de qualité sur tous les types de réseaux et de plates-formes.
2. Qu’est-ce que le dividende numérique ?
Les radiofréquences (le spectre radio) sont une ressource nationale limitée, aussi les gouvernements ont-ils fixé les dates de l’interruption des services analogiques sur leur territoire en prévision du passage à la diffusion numérique.
En outre, la diffusion numérique des chaînes à définition classique nécessite moins de spectre que la transmission analogique des mêmes programmes. Le passage d’un système à l’autre permettra de rationaliser l’utilisation du spectre, voire d’en libérer une partie pour des services entièrement nouveaux.
Le spectre libéré après la transition, ou “dividende numérique”, ouvrira la porte à de nouveaux services. Nous pensons que certains devraient être développés par les radiodiffuseurs publics :
-Nouvelles chaînes de télévision
-Télévision à haute définition (TVHD), qui vraisemblablement est en passe de devenir la nouvelle télévision “standard”. Cette affirmation est corroborée par l’engouement des consommateurs pour les téléviseurs “HD Ready”.
-Télévision mobil.

3. Interopérabilité : faciliter le passage au numérique
Les consommateurs exigent des services auxquels ils peuvent accéder simplement, de partout et avec n’importe quel appareil. Seules l’interopérabilité et des normes ouvertes peuvent offrir de tels services et encourager le passage rapide au numérique.

La radio numérique
Les radiodiffuseurs de service public sont les principaux moteurs de l’évolution de la radio numérique et ils jouent un rôle essentiel dans le développement et le succès des technologies DAB/+ et DRM. Que ce soit par le biais de tests, de la mise à disposition du contenu ou de l’extension de la couverture, les radiodiffuseurs de service public doivent s’engager à faire profiter tous les Algériens des avantages des technologies numériques.
La vision stratégique du secteur de la communication doit être axée sur le développement et la mise en valeur des contenus, en particulier les contenus multimédias. Ceci doit avoir pour objectif de favoriser l’éclosion d’une gamme variée d’applications et de contenus locaux.

Le prochain quinquennat sera celui du déploiement de la télévision terrestre et marquera le début de la migration vers l’ère numérique avec toutes les implications économiques, sociales, culturelles et politiques. Cette migration doit s’intégrer globalement dans la stratégie des TIC car le rôle de ces dernières dans l’accélération de la croissance économique, et l’intégration socioculturelle est largement reconnu.

Il convient de noter que le comité de stratégie numérique a mis en place un calendrier de mise en œuvre de la TNT jusqu’en 2015 .
Le plan retenu signifie, dans un langage perceptible et clair, qu’il y a possibilité de diffuser entre six et huit chaînes de télévision par site, car un multiplex est un moyen pour en véhiculer jusqu’à six avec un système de codage MPEG2 et dix et plus avec un codage MPEG4, si on veut également multiplier les programmes et ajouter le tripleplay (ADSSL) et l’Algérie dispose par le plan de six à huit multiplex.

En Algérie la TNT, mégaprojet composé de deux principaux volets, diffusion et contenu, a débuté, pour l’aspect relatif à la diffusion, en 2009, par la mise en place du réseau nord d’émission. La partie relative au contenu (programmes) n’a, quant à elle, pas connu un brin d’avancement, ni dans la réflexion ni concrètement. Car le téléspectateur algérien n’est pas intéressé de savoir s’il reçoit les programmes TV d’une entreprise de télévision érigée en EPIC, SPA, EPA ou groupe… mais plutôt par des programmes nationaux compétitifs à même de susciter son intérêt à investir dans les équipements de réception TNT car les chaînes existantes sont reçues gratuitement par satellites à moins de prendre la décision de ne plus les diffuser par satellites (Hotbird, NileSat, Arabsat, Galaxie…). La question relative à l’organisation et l’actualisation statutaire est une action qui peut être menée en parallèle et apportera certainement aux plans de l’organisation et des modalités et conditions de fonctionnement, mais ne constitue aucunement la priorité. Car l’introduction de la nouvelle technologie de la télévision numérique terrestre (TNT) aux niveaux de la production, de la diffusion et de la réception est à l’évidence incontournable, l’analogique est appelé irrémédiablement à être obsolète.

La période de migration de l’analogique vers le numérique a débuté à la date d’entrée en vigueur des nouveaux accords arrêtés par la Conférence régionale de radiocommunication (RRC-06 qui s’est tenue le 17 juin 2006 à Genève. Deux échéances ont été arrêtées :
- 2015 pour la VHF et l’UHF (concerne les pays d’Europe CEPT)
- 2015 pour l’UHF et la VHF (concerne les pays d’Afrique et du Moyen-Orient).
D’ici là, les assignations analogiques existantes et en projet continueront à être utilisées et protégées par le nouveau plan. Après cette période, le plan analogique sera abrogé. Le plan numérique peut être entièrement mis en application sans restrictions. L’analogique peut continuer à fonctionner, sans causer d’interférences et sans réclamer de protection.

Ainsi, les principales mesures prioritaires et urgentes qui interpellent notre pays se résument comme suit :
- Adaptation des téléviseurs à la réception numérique (ceci est déjà fait par certains opérateurs installés en Algérie).
- Fabrication des équipements de réception.
- Réfléchir aux mesures de soutien financier afin de permettre aux téléspectateurs les plus démunis d’y accéder.
- Enfin, et c’est la principale équation à résoudre, à savoir un contenu adapté, des programmes de qualité, attractifs à même de permettre au téléspectateur algérien de zapper les programmes reçus par satellites.

Il convient de noter que le comité de stratégie numérique a adopté, début 2010, un calendrier de mise en place de la TNT entre 2009 et 2015 en précisant toutes les actions à mener et les délais correspondants.
À ce sujet, quelques exemples européens, arabes, africains peuvent être cités : la France a commencé en 2008 et s’est fixée l’échéance de 2011, l’Italie également. L’Espagne a terminé, le Maroc…
Telles sont les questions qui gagneraient à constituer le fond des débats qu’il est souhaitable de mener et tout autre débat ou procédure serait le meilleur moyen de dévoyer l’approche.

T. B.
*Ex-cadre du secteur de la communication

NB : Il s’agit d’une contribution à la méthodologie d’approche à mener pour ce qui est de la TNT car ayant participé au processus, il est de mon devoir  d’attirer l’attention sur certains points.

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