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KHALIDA TOUMI L’A DÉCLARÉ À L’APN PDF Imprimer Envoyer
Rubrique - Culture
Écrit par O. HIND   
Samedi, 27 Novembre 2010 00:00
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Un Conseil national des arts et de la culture sera créé

Va-t-on vers une amélioration de la situation de l’artiste?«Il aura pour principale mission la délivrance de la carte d’artiste», a-t-elle fait savoir.

Le département de la culture de Khalida Toumi connaît un certain frémissement en ce moment. Entre cris de contestation et mécontentement des professionnels du secteur contre la loi sur le cinéma débattue récemment à l’APN et la création d’un centre national du cinéma, tenu encore secret, la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé, jeudi à Alger, que le décret portant création d’un Conseil national des arts et de la culture permettant à l’artiste d’être identifié et d’avoir une couverture sociale, sera prochainement promulgué.

«Il aura pour principale mission la délivrance de la carte d’artiste», a-t-elle indiqué. Est-ce pour autant la fin du calvaire de nos artistes? «Après avoir soumis le texte relatif à la création de cet organisme au Conseil des ministres, le Premier ministre a affirmé qu’un décret sera promulgué à cet effet», a affirmé Mme Toumi à l’Assemblée populaire nationale (APN), lors d’une séance consacrée aux questions orales.

Concernant le statut de l’artiste, objet de polémique qui perdure depuis plus d’une dizaine d’années, elle a précisé que le ministère de la Culture est «préoccupé» par cette question et la nécessité d’une prise en charge de l’artiste. Elle a indiqué que son département planche sur ce sujet afin de permettre à l’artiste de travailler dans un cadre déterminé et de bénéficier, en premier lieu, d’une couverture sociale comme tous les travailleurs. Aussi, pour atteindre cet objectif, la ministre, affinant son argument, a souligné que chaque artiste doit être identifié par une carte car, a-t-elle rappelé, «il n’est ni un fonctionnaire ni un employé d’entreprise, c’est un travailleur indépendant qui n’est pas couvert par une caisse d’assurance sociale».

Afin de garantir ce droit, Mme Toumi a insisté sur le concours des parties concernées, notamment du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale et le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Dans un milieu où les artistes n’arrivent pas à se constituer en syndicat, est-ce une carte qui va changer les choses? D’aucuns trouveront cette façon de procéder comme une sorte d’aumône octroyée à l’artiste. Quels sont d’ailleurs, les critères pour déterminer qui de l’un ou de l’autre est «artiste»? Un concept clochardisé hélas, chez nous et vidé de son sens sacré car ne représentant plus rien en Algérie. Mais le problème ne se pose-t-il pas ailleurs et autrement? Combien un artiste touche-t-il en Algérie? Quand on regarde de près les cachets mirobolants que gagne un artiste égyptien qui se produit en Algérie, par rapport à celui du pauvre algérien, on a le droit de se poser des questions. Certains, d’emblée, ont trouvé la réponse: la harga. Malgré de nombreuses représentations à l’étranger, neuf danseurs du Ballet national dont deux jeunes filles ont pris récemment la poudre d’escampète et décidé de rester au Canada, dès la réappropriation de leur passeport. Ce qu’ils espèrent est non pas plus de succès à l’étranger mais de pouvoir vivre de leur métier convenablement dans un pays qui honore ses artistes et leur accorde toutes les conditions nécessaires en leur assurant l’environnement idoine de qualité pour évoluer.

Or, elles sont où les écoles de danse professionnelle, les professeurs? etc. Nos jeunes souffrent aussi de l’oisiveté. Certains d’entres eux, pères de famille se sont plaints de leur salaire de misère car n’atteignant même pas le snmg. Danseur, un métier dites-vous, en Algérie? Une carte d’artiste et une assurance. Et après? Où sont les espaces de loisir et de divertissement dignes de ce nom où nos jeunes peuvent se rendre, tout en se cultivant? Mises à part ces poussiéreuses maisons de jeunes, l’apprentissage de l’art a nettement régressé ces dernières années. Les conservatoires, jadis pourvoyeurs de talents, ne voient plus d’élèves pour assurer la relève. Où sont les futurs Messaoudi Idami? La danse n’a plus cours en Algérie.

Reste la sentinelle, le hip-hop. Est-ce Sofiane Abou Legraâ qui, à coups de baguette magique, va remettre tout en ordre après des années de destruction culturelle massive? Le coeur du problème est donc plus profond car le nerf est endommagé. Bientôt il faudra une refonte de tout le système éducatif et réformer l’enseignement des disciplines artistiques pour nos enfants. Un travail de longue haleine. Peut-être qu’à ce moment là...

L'Expression
 

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