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HARRAGAS DE MERZAK ALLOUACHE À LA SIERRA MESTRA (MEISSONIER) PDF Imprimer Envoyer
Rubrique - Culture
Écrit par O. HIND - KAYENA   
Jeudi, 18 Février 2010 00:09
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Ces clandestins du malheur...Ces clandestins du malheur...

C’est ce soir qu’aura lieu l’avant-première, à 18h, du dernier-né de Merzak Allouache, en présence de l’équipe artistique du film dont le réalisateur Okacha Touita.

Si Kader Secteur aborde le phénomène des harraga par l’humour, le réalisateur algérien Merzak Allouache, lui, le fait par le biais de l’image. Et ça ne rate pas. Dans son dernier-né, Harragas, Merzak Allouache qui s’est habitué à montrer le visage hideux de l’Algérie en n’allant pas par trente-six chemins, ne démord pas ici et ouvre son film par une scène tragique. Un garçon pendu.

Le tableau noir de la société algérienne, du moins une partie d’entre elle est déjà dessinée. Une entrée en matière pour le moins dramatique, signe d’un chaos annoncé.
Son film Harragas raconte les péripéties d’une dizaine de personnes qui tentent de braver la mer, direction le sud de l’Espagne. Ces dernières sont campées par des acteurs professionnels et d’autres issus du théâtre amateur dont Nabil Asli qui se veut un peu le fil conducteur au tout départ du film, le narrateur qui plante le décor ou plutôt distribue le rôle des personnages. Omar s’est donc suicidé, ses amis Rachid alias Nabil Asli, Nasser le beau gosse (Seddik Beynagoub) et sa copine Imène (Lamia Boussekine), en ont marre de leur funeste vie, veulent tenter leur ticket de chance dans la harga.

Pour ce faire, ils font appel à un vil personnage, Hassan Mal de mer, campé par le réalisateur Okacha Touita. On croit que toute la trame est là. Eh bien non, surgit un sombre personnage, vraisemblablement un policier désabusé et désenchanté qui s’immisce dans leur mésaventure. C’est véritablement le cauchemar, par deux fois. Ce policier (Samir El Hakim) prend en otage tous ces préposés à la harga en mer...Seuls au milieu de nulle part, les protagonistes dont Hakim le Barbu (Mohamed Takerrat), apprendront à composer avec le nouveau passager. C’est cette deuxième partie de ce long métrage de 90 mn qui est la plus intéressante.
A la manière d’un documentaire, des séquences à risque ont été tournées en haute mer avec caméra à l’épaule, et une équipe réduite en pleine nuit. L’immersion au coeur du drame est palpable et témoigne d’une actualité brûlante. Car le plus souvent, ces clandestins n’atteignent jamais leur destination quand ils ne sont pas «coincés» par les gardes-côtes et renvoyés dans leur pays d’origine, non sans avoir essuyé insultes et passage à tabac puis mis en cellule...Ces appelés au suicide tentent le tout pour le tout, en brûlant passeports et cartes d’identité mais aussi la mer...Leur vie. «La prison est là, notre pays», déclare la jeune femme Imène dans le film. Celui-ci a été tourné en partie sur les canaux de Sète et à Frontignan en France.
Le réalisateur a choisi aussi les côtes de Mostaganem car c’est là où des milliers de jeunes brûlent les frontières. C’est connu, aux durs moments, la solidarité des Algériens refait surface. Et notre barbu s’avère un être bon et brave.
Héroïque même en tentant de s’interposer à ce policier, cet autre «mort-vivant». Ce dernier, une énigme dans le film. Serait-ce la main de la malédiction ou le moralisateur qui vient remettre à leur place ces tristes personnages en leur crachant la vérité en plein visage? Ce représentant de l’ordre enfin, symboliserait probablement l’ordre étatique dans son constat d’échec presque avoué, d’endiguer ce fléau du siècle. Mohamed T. qui joue l’intégriste, sa tante a vu son frère et son gendre prendre la mer. Ils ont débarqué en Espagne sains et saufs.
Un cas sur mille. Sa tante a joué un petit rôle dans le film de Merzak allouache. Elle confie: «Le rôle que j’ai joué m’a beaucoup affecté. Car je connais un tas de familles qui n’ont pas retrouvé leurs proches ni dans les morgues, ni nulle part ailleurs, ils restent sans nouvelles, avec des disparus sur le bras..»

Après plusieurs participations à des festivals internationaux dont le Festival international du film d’Amiens en novembre dernier - où nous avions eu l’occasion de le voir - Harragas sera projeté ce jeudi en avant-première à la salle de cinéma Sierra Maestra (une première), à partir de 18h et ce, juste avant sa sortie nationale en France, le 24 février prochain. Mais on se demande surtout si après cette projection devant un public sélectif, jeudi à Alger, le film sortira-t-il réellement par la suite dans les salles et dans combien d’entre elles? Mais ceci est une autre paire de manches. Après Tamanrasset (tourné au Maroc), qui met en scène une équipe française partie tourner une campagne de pub dans le Sahara algérien et qui est témoin du trafic et du racisme dont sont victimes les clandestins subsahariens, Merzak Allouache commet Harragas et semble s’attacher pour le moment au même sujet.
Entamera-t-il son cycle de trilogie comme à la sauce babelouedienne?

L'Expression
 

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